Un déficit budgétaire avoisinant les 60 MMDH à fin août 2026
À fin août 2026, le déficit budgétaire dépasse la prévision de la Loi de Finances 2026 et atteint -58,6 MMDH, soit un taux de réalisation de 106%. Celui-ci s’affiche toutefois en légère amélioration de 935 MDH en une année. Les dépenses ordinaires, tirées par les dépenses de B&S, se sont appréciées de +26,2 MMDH sur une année. De même, les dépenses d’investissement poursuivent leur tendance haussière à 75,7 MMDH, en hausse de +11,4% (+7,8 MMDH).
Ces dernières affichent un taux de réalisation de 66% à fin août 2026. Cette évolution reflète les efforts en dépenses d’infrastructures, en marge des échéances sportives majeures et de la volonté de l’État de soutenir la relance économique. D’autre part, les recettes ordinaires augmentent de +25,5 MMDH grâce aux recettes IS (+14,1 MMDH). Tenant compte des arriérés du Trésor de 7,3 MMDH, le besoin de financement ressort à 65,9 MMDH. 40% de ce besoin a été couvert par des ressources extérieures. Les tirages extérieurs atteignent 40,5 MMDH à fin août 2026, soit 68% de la prévision de la Loi de Finances 2026.
Un besoin brut moyen du Trésor faible à 3 MMDH
Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 31,9 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :
- Un excédent de financement de 3,1 MMDH par rapport au niveau annuel prévu par la Loi de Finances 2026 de 62,7 MMDH ;
- Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 35,0 MMDH, dont 30,1 MMDH sur le marché intérieur et 4,9 MMDH sur le marché extérieur.
Selon la Loi de Finances 2026, l’argentier de l’État devrait couvrir 19,5 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 12,4 MMDH serait satisfait sur le marché domestique. L’estimation du besoin de financement intérieur brut par mois a été nettement réduite à 3,1 MMDH. Selon nous, ce niveau, considéré comme faible, ne devrait pas induire de pressions haussières sur l’Offre en BDT durant le reste de l’année 2026.
Avis d'expert
À fin août 2026, les charges de compensation atteignent 13,8 MMDH, soit 99,4% de l’enveloppe annuelle prévue par la Loi de Finances 2026. Les aides directes accordées aux professionnels du transport ont avoisiné les 2 MMDH sur la même période. Cette évolution intervient alors que Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir son Taux Directeur à 2,25%, dans un environnement marqué par une inflation toujours contenue à 0,7% sur 2026E. Bank Al-Maghrib souligne que la transmission de la hausse des prix de l’énergie aux prix domestiques demeure limitée grâce aux subventions accordées au transport routier et à la fixation des prix du butane et de l’électricité.
La compensation continue de jouer un rôle d’amortisseur du choc énergétique sur l’inflation domestique, mais au prix d’une forte pression sur l’exécution budgétaire. Avec une enveloppe annuelle quasiment consommée dès fin août, la persistance des tensions sur les prix énergétiques au S2-26 pourrait nécessiter des dépenses supplémentaires et réduire davantage la marge de manœuvre du Trésor.