Un déficit important en dépit de la hausse des recettes de l'Etat 

À fin juillet 2026, le déficit budgétaire s’allège de 4,2 MMDH en une année pour atteindre -50,5 MMDH. Celui-ci s’est toutefois creusé en un mois de 26,5 MMDH. L’examen des charges et ressources du Trésor révèle plusieurs dynamiques majeures : 

  • D’une part, les recettes ordinaires enregistrent une hausse de +12,5% (+28,2 MMDH), soutenue par la bonne tenue des recettes fiscales. En effet, l’IS augmente de +13,8 MMDH en glissement annuel ;
  • D’autre part, les dépenses globales augmentent de +8,5% (+23,9 MMDH) en lien avec la hausse des dépenses ordinaires (+30,1 MMDH), soit les dépenses en B&S (+25,2 MMDH), les intérêts de la dette publique (+3,7 MMDH) et la charge de compensation (+1,3 MMDH). Une exécution supplémentaire de +8,5 MMDH a également été enregistrée au niveau des investissements.

Le besoin de financement s’établit à 54,2 MMDH contre 74,8 MMDH un an plus tôt. Les tirages extérieurs dépassent les 40,0 MMDH à fin juillet 2026, permettant de couvrir la moitié de ce besoin.

Un besoin brut moyen du Trésor maîtrisé à 5 MMDH

Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 45,8 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :

  • Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par 2026 à 4,9 MMDH ; 
  • Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 40,9 MMDH, dont 35,0 MMDH sur le marché intérieur et 5,9 MMDH sur le marché extérieur.

Selon la Loi de Finances 2026, l’argentier de l’État devrait couvrir 19,8 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 26,0 MMDH serait satisfait sur le marché domestique.

L’estimation du besoin de financement intérieur brut par mois a été nettement réduite à 5,2 MMDH. Selon nous, ce niveau ne devrait pas induire de pressions haussières sur l’Offre en BDT durant le reste de l’année 2026.

Avis d'expert

À fin juillet 2026, les recettes au titre des mécanismes de financements innovants ressortent à 9,9 MMDH, soit près de 50% de l'enveloppe annuelle prévue par la Loi de Finances 2026, fixée à 20 MMDH. Une configuration différente des exercices précédents, au cours desquels le recours à cet instrument est passé de 11,9 MMDH en 2021 à 40,1 MMDH en 2025, avec des réalisations dépassant systématiquement les prévisions des Loi de Finances. Le rythme de mobilisation observé à fin juillet apparaît compatible avec cet l’objectif de la Loi de Finances.

En effet, un reliquat de 10 MMDH à mobiliser d'ici décembre suffirait à boucler l'exercice sans dépassement. Notre scénario central table sur une réalisation proche de l'enveloppe la Loi de Finances à fin 2026, soit autour de 20 MMDH. Ce niveau, inférieur à la moyenne de 38 MMDH observée sur 2024-2025, devrait continuer d'atténuer l'effet d'éviction exercé par les financements innovants sur le marché des adjudications. Un dépassement de l'enveloppe au S2-26, à l'image de la période 2022-2025, demeure néanmoins un scénario à surveiller. Celui-ci constituerait un facteur de pression additionnelle sur le marché des Taux.

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