L'émission Eurobond allège le recours au marché intérieur
À fin mai 2026, le déficit budgétaire se creuse de 3,4 MMDH à -30,1 MMDH, contre -26,7 MMDH une année auparavant. À l’analyse de la situation des charges et des ressources, nous relevons :
- Une nette amélioration des recettes ordinaires de +8,4%, soit +13,3 MMDH, portée par la bonne tenue des recettes fiscales, principalement l’IR qui a augmenté de +9,2 MMDH en une année ;
- Une hausse plus importante des dépenses de +9,0%, soit +16,6 MMDH à fin mai 2026.
En effet, en dépit de la maîtrise du coût de la compensation, les dépenses ordinaires ont connu une hausse importante. À l’origine, l’augmentation de +16,2 MMDH en une année des dépenses en B&S et de +2,0 MMDH des intérêts de la dette publique.
Tenant compte des opérations en instance de 7,0 MMDH, le besoin de financement du Trésor ressort à 37,1 MMDH au terme de cette période. Les tirages extérieurs s’élèvent à plus de 32 MMDH à fin mai 2026 en lien avec la dernière sortie à l’international du Trésor, permettant de financer 57% de ce besoin.
Un besoin brut moyen du trésor autour des 10 MMDH
Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 74 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :
(1) Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par la Loi de Finances 2026 à 25,4 MMDH ;
(2) Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 48,4 MMDH, dont 45,9 MMDH sur le marché intérieur et 2,5 MMDH sur le marché extérieur.
À fin mai 2026, le Trésor a légèrement dépassé les tirages extérieurs prévus par la Loi de Finances 2026, soit 31,4 MMDH, suite à la récente émission Eurobond du Maroc de 2,25 MM€ au cours du mois de mai 2026. À cet effet, la totalité du besoin de financement brut du Trésor devrait être satisfaite sur le marché domestique. Le besoin de financement intérieur brut par mois est estimé à 10,5 MMDH. Selon nous, ce niveau ne devrait pas impliquer de fortes pressions sur l’Offre en BDT.
Avis d'expert
La charge de compensation redevient un point de vigilance dans l’exécution budgétaire 2026. À fin mai 2026, son taux de réalisation dépasse les 65%, traduisant une consommation avancée des crédits budgétaires. Cette situation intervient dans un contexte international marqué par une volatilité des prix énergétiques. Le reflux récent des intrants énergétiques, à la suite de l’apaisement des tensions au détroit d’Ormuz, constitue un facteur d’assurance sur le CT pour la trajectoire des charges de compensation.
Néanmoins, la faible marge restante sur l’enveloppe annuelle maintient un risque sur le Budget au S2-26, particulièrement en cas de nouveau choc sur les prix du gaz butane ou des produits alimentaires subventionnés. À ce stade, l’impact sur le marché domestique des BDT devrait rester contenu, grâce notamment à la récente émission Eurobond qui a permis de sécuriser les tirages extérieurs prévus par la Loi de Finances 2026, ainsi qu’à la rallonge budgétaire de 20 MMDH destinée à accompagner les dépenses exceptionnelles de l’État.