Finances publiques : la poursuite du recours quasi-exclusif au marché intérieur
À fin mars 2026, la situation des finances publiques fait ressortir un excédent budgétaire de 5,1 MMDH contre 0,77 MMDH en mars 2025. Les recettes de l’État ont été soutenues par les leviers fiscaux (IS et IR). Celles-ci ont augmenté de +9,1 MMDH, soit une hausse de +9,2% en une année. Cette performance des recettes a pu compenser la hausse des dépenses ordinaires de l’État alourdies par le poids des charges de Biens & Services (+1,5 MMDH) et des intérêts de la dette publique (+1,5 MMDH).
De son côté, la charge de compensation a affiché un recul de -1,7 MMDH durant la même période. Ces évolutions se sont traduites par un solde ordinaire de +14,8 MMDH, contre +7,1 MMDH une année auparavant. Tenant compte d’un niveau des arriérés de 5,9 MMDH, le besoin de financement ressort à -796 MDH contre -15,6 MMDH un an auparavant. L’endettement intérieur net s’est établi à 3,8 MMDH. De leur côté, les tirages extérieurs ont avoisiné les 6,0 MMDH durant la même période.
Un besoin brut moyen du Trésor dépassant les 12 MMDH
Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 138 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :
- Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par la LF 2026 à 60,6 MMDH ;
- Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 77,6 MMDH, dont 72,4 MMDH sur le marché intérieur et 5,2 MMDH sur le marché extérieur.
Selon la LF 2026, l’argentier de l’État devrait couvrir 25,6 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 112,5 MMDH serait satisfait sur le marché domestique. Par conséquent, le besoin de financement intérieur brut par mois est estimé à 12,5 MMDH, contre moins de 8 MMDH estimés un mois auparavant.
Ce niveau pourrait impliquer de légères pressions sur l’Offre en BDT. Cette estimation se base sur la concrétisation de la totalité des financements extérieurs prévus en 2026E à 31,4 MMDH.
Avis d'expert
L’amélioration progressive de la situation du Trésor, portée par les rentrées fiscales importantes du T1-26, particulièrement au niveau de l’IS, se reflète clairement sur les séances d’adjudications du Trésor qui tendent à se normaliser. Un constat qui a induit une nette détente des Taux obligataires durant le mois d’avril 2026, confirmant ainsi le caractère transitoire des tensions haussières enregistrées en début d’année.
En effet, les placements moyens du Trésor sur le marché monétaire depuis le début du T2-26 ont dépassé les 25 MMDH, contre une moyenne de 9,1 MMDH au cours du T1-26. Dans ce contexte, la pression exercée sur l’Offre en BDT s’est nettement atténuée, favorisant un rééquilibrage du couple Offre/Demande sur le marché primaire. Rappelons que le taux de satisfaction de la Demande au cours du mois d’avril 2026 n’a pas dépassé les 10%, soit un plus bas historique.