Le marché local satisfait 91% du besoin de financement du trésor

Le 1er mois de l’année 2026 s’est achevé avec un déficit budgétaire de 9,6 MMDH, soit un creusement de 2,8 MMDH en une année. À l’origine, une baisse plus importante des recettes de l’État par rapport aux dépenses durant la période étudiée.

Les dépenses globales demeurent quasi-stables par rapport à janvier 2025. Ce constat reflète une baisse des dépenses de Biens & Services de -9,2 MMDH, conjuguée à une hausse des investissements de +2,0 MMDH. Parallèlement, le solde des Comptes Spéciaux du Trésor ressort excédentaire de 8,3 MMDH, contre 15,8 MMDH une année auparavant.

De leur côté, les recettes ordinaires reculent de -8,3% (-2,7 MMDH), sous l’effet de la baisse de l’IR (-2,5 MMDH). À cet effet, le solde ordinaire ressort négatif à -2,9 MMDH, et ce pour la 1ère fois depuis février 2025. Compte tenu d’un allègement des opérations en instance de 5,9 MMDH, le besoin de financement net du Trésor en janvier 2026 ressort à 15,5 MMDH, financé à hauteur de 91% sur le marché intérieur.

Un besoin brut moyen du trésor maîtrisé autour des 10 MMDH

Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 144 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :

  1. Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par la Loi de finances 2026 à 45,8 MMDH ;
  2. Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 98,3 MMDH, dont 85,1 MMDH sur le marché intérieur et 13,2 MMDH sur le marché extérieur.

Selon , l’argentier de l’État devrait couvrir 29,2 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 114,9 MMDH serait satisfait sur le marché domestique. Par conséquent, le besoin de financement intérieur brut par mois est estimé à 10,4 MMDH. Ce niveau, considéré maîtrisé, ne devrait pas induire de pressions visibles sur l’Offre en BDT du Trésor. Il est à noter que cette estimation tient compte de la concrétisation de la totalité des financements extérieurs budgétisés par la Loi de finances 2026 à 31,4 MMDH.

Avis d'expert

Nous avons assisté en ce début d’année à un mouvement haussier des Taux obligataires atteignant +27 PBS sur certaines maturités. À l’origine, une intensification des levées en BDT sur le marché des adjudications. Cette orientation s’inscrit dans une logique prudente de constitution d’un matelas de liquidité confortable dans un contexte marqué par le creusement du déficit budgétaire en janvier 2026 et l’accentuation des besoins de financement.

Selon nous, ces pressions devraient rester transitoires. La rentrée significative de l’IS attendue en mars renforcerait la trésorerie du Trésor et permettrait un retour à un niveau plus normatif des levées en BDT. À cet effet, le mouvement haussier observé en ce début d’année apparaît davantage comme un ajustement à CT lié à une gestion proactive des besoins, plutôt qu’une inflexion stratégique de la trajectoire des Taux.

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