Finances publiques 2025 : Un déficit conforme aux prévisions

L’année 2025 s’achève pour les finances publiques avec un déficit budgétaire de 60,5 MMDH soit 3,5% du PIB, globalement en ligne avec les prévisions de fixées à 58,2 MMDH. D’un côté, le taux d’exécution des recettes ordinaires s’est situé à 107%, en lien avec le bon comportement des recettes fiscales et non fiscales. À l’origine, les recettes IS-IR dont les taux de réalisation respectifs ont atteint 125% et 107%, suivies des recettes relatives aux financements innovants qui ont dépassé les 40,0 MMDH à fin 2025, contre une prévision de 35,0 MMDH de la loi de finances 2025. La TVA a également généré 8,3 MMDH supplémentaires par rapport à 2024.

Par ailleurs, le taux de réalisation des dépenses a été maîtrisé à 107%, malgré la charge importante des Biens et Services, en hausse de +39,2 MMDH en une année. À l’origine, la nette contraction de la charge de compensation de -7,6 MMDH en 2025. À cet effet, le solde ordinaire dépasse nettement les prévisions de la loi de finances 2025 de 34,1 MMDH, à plus de 75 MMDH en 2025 contre 61,8 MMDH en 2024. Au final, l’effort d’investissement s’est poursuivi en 2025. Les dépenses d’investissement ont dépassé les 125 MMDH, en hausse de +19,8 MMDH par rapport à la loi de finances 2025 et de près de 8,0 MMDH par rapport à 2024.

Le marché intérieur satisfait la moitié du besoin de trésor

À fin 2025, le besoin de financement net du Trésor s’est établi à 74,0 MMDH contre une estimation de la loi de finances 2025 de 58,2 MMDH, soit un dépassement de +15,8 MMDH. Celui-ci a été financé comme suit :

  • Le financement intérieur du Trésor ressort à 37,1 MMDH à fin 2025 contre une prévision de 6,7 MMDH pour la loi de finances 2025, soit un taux de réalisation de 5,5x ;
  • Le financement extérieur net du Trésor ressort à 37,0 MMDH à fin 2025 contre une prévision de 51,5 MMDH pour la loi de finances 2025, soit un taux de réalisation de 72%.

Ces évolutions contrastées par rapport aux prévisions de la loi de finances 2025 se sont reflétées sur la répartition du besoin du Trésor entre financement intérieur et extérieur en 2025.

À fin décembre 2025, le recours du Trésor au marché de la dette intérieure a été plus important que prévu. Le marché domestique s’est accaparé la moitié de son besoin annuel face à une estimation de seulement 11% de la loi de finances 2025. Ce décalage a été visible au niveau des financements extérieurs nets qui n’ont représenté que 50% en 2025 contre 89% estimés par la LF-25.

Détente des taux à fin 2025 malgré une pression visible au T4-25

Les Taux obligataires au Maroc ont connu une correction haussière au cours du T4-25, atteignant des plus hauts depuis le T2-25. À l’origine, la prolongation, peu anticipée, de la pause monétaire de durant le S2-25 et des arbitrages des investisseurs institutionnels vers des actifs plus rémunérateurs. Une tendance soutenue par l’accélération de l’exécution des financements innovants dont les rendements sont attractifs.

En effet, le Trésor a réalisé plus de 20 MMDH d’opérations de financements innovants sur seulement le mois de décembre, dépassant ainsi les 40 MMDH en 2025, contre une prévision de 35 MMDH de la loi de finances 2025. Sur l’ensemble de l’année 2025, l’évolution des Taux demeure globalement baissière. Celle-ci est soutenue par le reflux des tensions inflationnistes et la maîtrise des besoins de financement. D’une part, l’inflation ressort à 0,8% en 2025 contre 1,0% en 2024. D’autre part, la diversification des sources de financement à travers la dernière sortie à l’international de 2,0 MM€ a permis de limiter l’Offre en BDT locale en 2025.

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