Poursuite du recours au marché intérieur

À fin avril 2026, le déficit budgétaire s’est creusé de 1,6 MMDH à -19,1 MMDH, contre -17,5 MMDH une année auparavant. Une évolution attribuée aux facteurs suivants :

  • Une nette amélioration des recettes ordinaires de +7,6% (+10,1 MMDH), portée essentiellement par la bonne tenue des recettes fiscales de l’État. Il s’agit de l’IS qui a augmenté de +9,0 MMDH en une année ;
  • Une hausse plus importante des dépenses de +7,7% (+11,7 MMDH). Celle-ci reflète deux tendances contrastées.

D’une part, une hausse des dépenses en termes de biens et services de +12,9 MMDH en une année et des intérêts de la dette publique de +2,2 MMDH. D’autre part, un léger repli de la charge de compensation (-468 MDH), soit un taux de réalisation de plus de 50%.

Tenant compte d’une réduction des opérations en instance de 1,8 MMDH, le besoin de financement du Trésor ressort à 20,9 MMDH. L’endettement intérieur a avoisiné les 20 MMDH à fin avril 2026, permettant de financer la totalité de ce besoin.

Un besoin brut moyen du trésor autour des 10 MMDH

Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 105 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :

(1) Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par la Loi de finances 2026 à 36,4 MMDH ;

(2) Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 68,3 MMDH, dont 64,0 MMDH sur le marché intérieur et 4,3 MMDH sur le marché extérieur.

Selon la Loi de finances 2026, l’argentier de l’État devrait couvrir 24,2 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 80,5 MMDH serait satisfait sur le marché domestique.

Le besoin de financement intérieur brut par mois est estimé à 10,1 MMDH, contre une prévision initiale de 12 MMDH un mois auparavant. Ce niveau ne devrait pas impliquer de fortes pressions sur l’Offre en BDT suite à la récente de 2,25 MM€.

Avis d'expert

L’activation récente d’une rallonge budgétaire de 20 MMDH reflète la volonté de l’État d’accompagner les priorités économiques et sociales dans un contexte international toujours marqué par une forte volatilité. Cette enveloppe couvre principalement les mesures de soutien au pouvoir d’achat, les dépenses liées aux récentes inondations ainsi que certains ajustements budgétaires exceptionnels.

Cette orientation ne devrait pas générer de tensions significatives sur le marché des BDT. Le retour du Maroc sur le marché international à travers un Eurobond de 2,25 MM€ contribue à rééquilibrer les sources de financement du Trésor et à atténuer les pressions sur le compartiment domestique. Avec cette levée en devises, le Trésor devrait réaliser l’ensemble de ses tirages extérieurs prévus dans le cadre de la Loi de finances 26, soit de 31,4 MMDH en 2026E.

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