Comprendre le recul du MASI dans un contexte de fortes incertitudes

Le recul du MASI observé en 2026 intervient dans un environnement international marqué par une escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et en Europe. Cette situation a provoqué un choc énergétique, ravivant les risques inflationnistes. Au niveau national, les indicateurs macroéconomiques demeurent toujours résilients à travers une croissance du PIB attendue à +4,4% et une inflation maîtrisée en dessous de 1,0% pour 2026E.

Depuis le démarrage de la période de publication des , le MASI a cédé -9,4% creusant sa contre-performance annuelle à -10,4%. La qualité des résultats financiers de la cote paraît ainsi insuffisante pour soutenir une tendance haussière de fond des cours en Bourse. Selon nous, plusieurs facteurs seraient à l’origine de cette situation :

  • Comme déjà exposé lors de notre rapport publié en mars 2026, le marché Actions marocain a connu un changement structurel en matière de volatilité. Celui-ci aurait tendance à amplifier l’impact des chocs exogènes et ce, en raison de deux facteurs. D’une part, la montée du poids des Particuliers dont l’horizon de placement demeure généralement CT. D’autre part, l’affaiblissement de la position « acheteuse » des Institutionnels qui semblent s’orienter davantage vers les placements alternatifs à rendement fixe dans un contexte de hausse des taux obligataires ;
  • Le relèvement des attentes du marché en matière de croissance des sociétés cotées. En effet, après avoir expérimenté des croissances bénéficiaires proches des +15,0% sur 2022-2025, une progression de +6,0% en 2026 (hors secteur minier) pourrait « décevoir » des investisseurs désormais plus exigeants ;
  • La persistance du choc énergétique à l’international semble impacter l’aversion au risque des . Ces derniers semblent intégrer des scénarii extrêmes, à savoir : (1) Les anticipations du retour de l’inflation importée et ses répercussions sur les marges des sociétés et la Demande locale, (2) L’inflexion haussière de la courbe des Taux qui constitue le principal concurrent des Actions au Maroc et enfin, (3) Une 2ème révision à la baisse de la croissance économique en septembre de la part de BAM après celle opérée en juin 2026.

AVIS D’EXPERT

Tenant compte des attentes élevées des investisseurs, nous pensons que les réalisations des sociétés cotées ne seraient pas suffisantes pour déclencher une solide reprise de la Bourse durant le T4-26. Par conséquent, notre scénario anticipe un indice MASI en territoire négatif sur l’ensemble de l’année 2026.

Concrètement, la trajectoire du MASI dépendrait principalement de l’évolution des tensions géopolitiques et de l’intensité de leur impact sur les prix de l’énergie. Dans ces conditions, nous suivons de près l’évolution du contexte international afin d’identifier les premiers signaux d’un éventuel retournement de tendance.

Nous recommandons aux investisseurs de privilégier une approche sélective tout en allongeant l’horizon de placement à au moins deux ans. L’objectif étant de renforcer le niveau de résilience des portefeuilles autour de 3 secteurs sous-valorisés : Banques, Santé et Ports.

Recul du MASI : Des résultats semestriels globalement solides

Durant le premier semestre 2026, les sociétés cotées ont composé avec un environnement moins favorable marqué par l’exacerbation des et le renchérissement des prix énergétiques à l’international. Néanmoins, le contexte économique local démontre toujours une certaine résilience. Ainsi, les réalisations semestrielles des sociétés cotées se présentent comme suit :

  • La croissance des revenus de la cote ressort à +10,3%, soit son niveau le plus élevé depuis le S1-22. En retraitant la performance historique des minières (+145%), la progression du CA ressort à seulement +6,1% ;
  • Le REX récurrent du marché Actions s’établit à 51,6 MMDH au S1-26 marquant une hausse de +17,7% en glissement annuel. La marge opérationnelle évolue de 24,8% au S1-25 à 26,5% au S1-26, en amélioration de +1,7 point. Ce gain de profitabilité provient principalement de la contribution positive du secteur minier dont les niveaux de marge ont plus que doublé passant de 20,8% à 42,3% sur la même période ;
  • La croissance bénéficiaire récurrente (retraitée des recettes exceptionnelles de dans le cadre de l’accord avec Wana Corporate), s’élève à +20,8% au S1-26 après +14,1% au S1-25. Cette croissance est à relativiser compte tenu des superprofits des sociétés minières. Hors ce secteur, les bénéfices récurrents de la cote affichent une nette décélération à +6,0% contre +14,0% au S1-25.

La majorité des sociétés cotées enregistre une hausse des profits

Au terme du premier semestre de l'année 2026, nous relevons les observations suivantes :

  • 51 sociétés cotées, représentant 86% de la capitalisation boursière, affichent une hausse de leurs profits ;
  • 25 émetteurs accusent une baisse de leurs bénéfices semestriels, soit 14% de la capitalisation globale du marché ;
  • 8 sociétés cotées ont publié des résultats nets déficitaires ;
  • Enfin, 2 sociétés ont publié un Profit Warning annonçant une baisse sensible de leurs résultats. Il s’agit plus précisément de Promopharm et d’Involys.

Une croissance bénéficiaire portée par les Mines et les Banques

Entre le S1-25 et le S1-26, la masse bénéficiaire agrégée de la cote a progressé de +5,1 MMDH, dont +3,6 MMDH sont générés par le secteur minier. L’analyse sectorielle fait ressortir les constats suivants : 

  • Le secteur minier est le principal contributeur à la hausse des bénéfices du marché à travers un RNPG agrégé en hausse de +3.646 MDH, soit 72% de la variation de la masse bénéficiaire globale ; 
  • Le secteur bancaire arrive en 2ème position avec une contribution de +835 MDH. En dépit d’une hausse modeste du PNB (+1,3%), ont bénéficié d’une nette amélioration de leur coût du risque, soit de -34,7% ;
  • Le secteur cimentier accuse une contre-performance de -161 MDH en dépit de l’amélioration de +7,6% de son CA. À l’origine, nous relevons la hausse des coûts des intrants. Cimar a également été pénalisé par la hausse des charges financières et la non-récurrence d’une plus-value de cession au S1-25.

Au 1er semestre 2026, les bénéfices récurrents de la cote se sont inscrits en progression de +20,8%. Plus en détails, les variations sectorielles se déclinent comme suit : 

  • 12 secteurs, concentrant 83% de la capitalisation, ont connu une hausse de leurs résultats nets. Il s’agit des Mines (+648%), NTI (+139%), Grande Distribution (+37,3%), Immobilier (+14,2%), Ports (+12,5%), BTP (+11,9%), Industries & Services (+11,7%), Télécoms (+8,1%), Financement (+7,9%), Banques (+6,7%), Santé (+6,4%) et Assurances (+3,4%) ;
  • 4 secteurs, représentant 17% de la capitalisation totale, ont vu leurs bénéfices baisser au S1-26 tels que l’Agri-business (-18,0%), le Ciment (-10,6%), l’Automobile (-7,8%) et l’Energie (-1,1%).

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