Le besoin de financement du Trésor quasiment couvert

À fin juin 2026, le déficit budgétaire s’est allégé de presque 7,0 MMDH pour atteindre -24,0 MMDH. L’examen des charges et ressources du Trésor révèle plusieurs tendances majeures :

  • D’une part, les recettes ordinaires enregistrent une progression de +15,4%, soit +30,0 MMDH, soutenue par la bonne tenue des recettes fiscales. En effet, l’impôt sur les sociétés affiche une hausse de +13,9 MMDH à fin juin en glissement annuel ;
  • Parallèlement, les dépenses globales augmentent de +10,2% (+23,2 MMDH). À l’origine, la hausse importante des dépenses en B&S de +21,8 MMDH, conjuguée à un effort d’investissement de plus de 10 MMDH en une année. De son côté, la charge de compensation affiche un taux de réalisation de plus de 80%, contre 61% une année auparavant.

Le besoin de financement du Trésor s’établit ainsi à 23,6 MMDH contre 46,1 MMDH un an plus tôt. Le financement extérieur net atteint 22,8 MMDH à fin juin 2026, permettant de couvrir 97% de ce besoin.

Un besoin brut moyen du Trésor à moins de 10 MMDH

Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 82,3 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :

  • Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par 2026 à 31,5 MMDH ;
  • Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 50,8 MMDH, dont 44,1 MMDH sur le marché intérieur et 6,7 MMDH sur le marché extérieur.

Selon la Loi de Finances 2026, l’argentier de l’État devrait couvrir 24,9 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 57,4 MMDH serait satisfait sur le marché domestique.

Le besoin de financement intérieur brut par mois est estimé à 9,6 MMDH. Selon nous, ce niveau ne devrait pas induire de fortes pressions haussières sur l’Offre en BDT durant le second semestre 2026.

Avis d'expert

Les recettes ordinaires demeurent, selon nous, le principal levier permettant la bonne maîtrise des finances publiques. Les recettes IS progressent de +26,2% en une année, soit un taux de réalisation de plus de 70% à fin juin 2026. Parallèlement, les financements innovants affichent un taux de réalisation de 50% au terme du mois de juin, soit 10 MMDH. À noter toutefois que la prévision de la Loi de Finances 26 pour ce type de financements, fixée à 20 MMDH, demeure relativement basse comparativement aux réalisations observées ces dernières années, soit un niveau moyen au-dessus des 35,0 MMDH sur la période 2024-2025.

Ces deux leviers jouent un rôle d’amortisseur budgétaire en 2026, en compensant partiellement la hausse des dépenses, à savoir les Biens & Services, les intérêts de la dette et la compensation. Dans ces conditions, l’Offre du Trésor en BDT sur le marché domestique devrait rester maîtrisée, limitant ainsi les pressions haussières sur la courbe des Taux durant le second semestre 2026.

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