Déficit : la poursuite du recours quasi-exclusif au marché intérieur

À fin février 2026, l’État affiche un déficit budgétaire à 34,5 MMDH, en creusement de 10 MMDH en une année. À l’origine, une hausse importante des dépenses globales de +9,1% (+7 MMDH). Cette évolution recouvre principalement une hausse des dépenses d’investissement de +37,1% (+6 MMDH). De leur côté, les recettes ordinaires poursuivent leur baisse observée depuis début 2026 (-2,5 MMDH sur 12 mois). Les recettes fiscales, principal contributeur aux recettes de l’État, reculent de -5,6% (-2,9 MMDH), en lien avec la baisse des recettes de l’IR.

Ainsi, le solde ordinaire ressort négatif à un plus bas depuis 2016, soit de -23,0 MMDH. Le besoin de financement s’est établi à 40,9 MMDH, soit +2,0 MMDH en une année, en raison de la réduction du stock des opérations en instance de plus de 6,0 MMDH. Ce besoin a été quasi-entièrement satisfait sur le marché domestique. Ce recours à l’endettement intérieur s’opère dans l’attente de l’activation des tirages extérieurs, estimés à 31 MMDH dans le cadre des prévisions de .

Un besoin brut moyen du trésor maîtrisé à moins de 8 MMDH

Selon nos estimations, le besoin de financement brut du Trésor d’ici la fin de l’année 2026 devrait s’établir à 108 MMDH. Celui-ci est calculé comme suit :

  1. Le reliquat de financement du déficit budgétaire ainsi que les arriérés du Trésor, estimés par la Loi de finances 2026 à 21,0 MMDH ;
  2. Un reliquat cumulé des tombées du Trésor restantes à fin 2026 de 86,8 MMDH, dont 74,8 MMDH sur le marché intérieur et 11,8 MMDH sur le marché extérieur. 

Selon la Loi de finances 2026, l’argentier de l’État devrait couvrir 28,2 MMDH de son besoin de financement brut sur le marché extérieur. Le reliquat de 79,4 MMDH serait satisfait sur le marché domestique.

Par conséquent, le besoin de financement intérieur brut par mois est estimé à 7,9 MMDH. Ce niveau, considéré maîtrisé, n’impliquerait pas de pressions sur l’Offre en BDT. Cette estimation tient compte de la concrétisation de la totalité des financements extérieurs budgétisés par la Loi de finances 2026 à 31,4 MMDH.

Avis d'expert

En 2026, le marché obligataire évolue à la croisée de deux forces opposées. D'un côté, des fondamentaux macroéconomiques remarquables favorisant la poursuite de la détente des Taux. Il s’agit de la poursuite de la désinflation, d’un taux de croissance historique et d’une consolidation budgétaire. Les dernières prévisions de Bank Al-Maghrib anticipent une croissance à +5,6% contre une inflation à 0,8% en 2026E. D’un autre côté, le choc géopolitique du Moyen-Orient alimente les primes de risque et semble freiner temporairement le cycle d'assouplissement monétaire des Banques Centrales.

Les tensions haussières des Taux observées depuis le début de l'année 2026 au Maroc sont alimentées par l'intensification des levées du Trésor et plus récemment, par l'intégration des risques inflationnistes en marge du choc énergétique déclenché par la guerre au Moyen-Orient.

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