Un dépassement de plus de 20% du déficit prévu par la LF 2025

À l’analyse de la situation des Charges & Ressources du Trésor du mois de novembre, nous relevons la poursuite de l’amélioration des recettes ordinaires, affichant un taux de réalisation de 91%. À l’origine, deux leviers. D’une part, le bon comportement des recettes fiscales. L’IS et l’IR ont augmenté de +16,9 MMDH et +7,7 MMDH respectivement sur une année. D’autre part, les financements innovants s’élèvent à 19,6 MMDH, soit plus de 55% des prévisions de la LF-25 (35 MMDH).

Les dépenses globales du Trésor ont augmenté de plus de 63 MMDH, soit un taux de réalisation de 93%. Plus en détails, les dépenses en termes de Biens et Services continuent de peser sur le Budget avec une hausse de 40 MMDH sur une année. Le rythme d’exécution des dépenses d’investissement s’accélère pour dépasser les 100 MMDH, soit 95% de la prévision de la LF-25.

Le déficit budgétaire s’est creusé sur une année de 20,9 MMDH à 71,6 MMDH à fin novembre 2025, contre une estimation de la LF-25 de 58,2 MMDH. Il s’agit d’un dépassement de 13,3 MMDH.

Tenant compte des arriérés du Trésor de 18,0 MMDH, le besoin de financement ressort à 89,6 MMDH, couvert à hauteur de 63% sur le marché intérieur.

Un faible besoin du trésor en fin d'année 2025

À fin novembre 2025, le besoin de financement initialement prévu par la LF-25 à 76,2 MMDH a été dépassé de plus de 13 MMDH à 89,6 MMDH. Cet écart a été majoritairement compensé par l’ouverture de crédits supplémentaires à hauteur de 13 MMDH au niveau du Budget de l’État, tout en gardant maîtrisés les besoins de financement du Trésor à fin 2025.

Cette rallonge budgétaire, rendue possible grâce à la bonne tenue des recettes fiscales, vise à couvrir des besoins urgents et prioritaires. Il s’agit de :

  • 5,5 MMDH pour la recapitalisation de plusieurs EEP afin de soutenir leurs projets stratégiques ;
  • 4,0 MMDH pour soutenir l’ONEE et stabiliser les tarifs ;
  • 3 MMDH pour honorer les engagements du dialogue social liés aux dépenses de personnel.

Par ailleurs, les tombées intérieures et extérieures prévues d’ici la fin de l’année 2025 dégageraient une trésorerie positive net d’environ 2 MMDH, permettant d’atténuer le recours à un financement additionnel. Dans l’ensemble, cette actualisation du Budget ne devrait pas modifier l’équilibre attendu en fin d’exercice, et maintiendrait le besoin mensuel du Trésor à un niveau très faible.

Avis d'expert

La fin d’année 2025 est marquée par une situation excédentaire du Trésor, reflétant une bonne maîtrise des besoins de financement. En effet, le Trésor continue de se financer sur le marché domestique et ce, sans exercer de grandes pressions sur les Taux. Cette situation se traduit par deux constats. D’une part, l’organisation d’une opération de rachat de BDT en décembre 2025 d’un montant de 11 MMDH. D’autre part, le relèvement des placements du Trésor sur le marché monétaire, soit une moyenne supérieure à 10 MMDH durant la même période.

L’orientation accommodante de Bank Al-Maghrib continue de soutenir les conditions de financement sur le marché local. La décision de maintenir inchangé intervient dans un contexte marqué à la fois par une désinflation progressive et une croissance économique solide.

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