Les banques marocaines cotées font l’objet d’une actualisation de nos prévisions de croissance sur la période 2026E-2028E. Cette révision s’appuie sur les résultats publiés au titre du 1er trimestre 2026, les tendances économiques identifiées et les insights retenus lors des conférences tenues par le Management.

Au terme de cet exercice, nous ressortons avec les conclusions suivantes :

  • Au titre du premier trimestre 2026, le secteur bancaire coté affiche un repli de son produit net bancaire de -4,5% à 23,0 milliards de dirhams. Une baisse globalement prévisible en raison de la forte contraction des activités de marché de -47,3%, soit -2,6 milliards de dirhams. Après plusieurs exercices exceptionnels, les activités de marché ont été pénalisées par le retournement haussier de la courbe des taux au Maroc, dans un contexte géopolitique instable qui semble raviver le risque inflationniste ;
  • La soutenabilité de la dynamique des crédits, conjuguée aux efforts de recouvrement, a permis de contrebalancer la contre-performance des activités de marché et la hausse des charges opérationnelles liée au déploiement des projets digitaux. Dans ces conditions, le secteur bancaire coté maintient une trajectoire haussière de ses bénéfices durant ce premier trimestre, soit +2,2% à 5,8 milliards de dirhams ;
  • L’année 2026E serait marquée par une décélération de la croissance des résultats des banques cotées et ce, en comparaison de nos prévisions initiales. Ce scénario est justifié par la contre-performance des activités de marché et l’augmentation plus importante que prévu des investissements digitaux. Au titre de 2026, nous révisons à la baisse la croissance du produit net bancaire de +4,8% à +1,1% et celle des bénéfices de +6,6% à +3,5% ;
  • La période 2027E-2028E serait marquée par une nette reprise de la croissance des banques marocaines cotées, sous l’effet de la normalisation de l’effet négatif des activités de marché et de l’accélération de l’effort d’investissement public à l’approche de l’échéance cruciale de 2030.

Banques marocaines cotées : un premier trimestre contrasté

Le produit net bancaire agrégé des banques cotées recule de -4,5 % au premier trimestre 2026, pénalisé par la forte contraction du résultat des activités de marché (-47,3%) dans un environnement de taux moins favorable à l'activité obligataire.

Après une baisse de -6,5% en 2025, le coût du risque du secteur coté se replie de -58,7% au premier trimestre 2026. À l’origine, l’amélioration de la qualité des actifs soutenue par un assainissement du portefeuille de crédits et un effort de recouvrement important.

Le résultat net part du groupe agrégé affiche une croissance modeste de +2,2% au premier trimestre 2026, à 5,8 milliards de dirhams. En effet, la nette amélioration du coût du risque a pu contrebalancer la contre-performance attendue des activités de marché.

Des perspectives de croissance plus prudentes pour 2026

En 2026, nous révisons à la baisse la croissance du produit net bancaire du secteur à +1,1%, contre +4,8% initialement. Sur la période 2026-2028, celui-ci afficherait un taux de croissance annuel moyen de +6,9%, porté par la dynamique des crédits (+7,4%) et la normalisation des taux au Maroc.

Nous relevons également notre prévision du coefficient d'exploitation à 44,4% en 2026E, contre 41,0% initialement, sous l'effet d'investissements plus importants que prévu dans le digital. À l'horizon 2028E, ce ratio se stabiliserait en deçà des 43%.

Enfin, nous révisons à la baisse notre prévision du coût du risque à -13,0% en 2026E, contre +0,7% initialement. Celui-ci progresserait ensuite de +5,7% en moyenne annuelle sur la période 2027E-2028E, portant le taux de coût du risque à 88 points de base en 2028E, un niveau proche de la moyenne pré-Covid de 82 points de base observée entre 2017 et 2019. Le résultat net part du groupe progresserait de +3,5% en 2026E, contre +6,6% initialement, avant d'afficher un taux de croissance annuel moyen de +9,0% sur la période 2026E-2028E.

Attijariwafa bank : maintien des perspectives de croissance à horizon 2028

Au premier trimestre 2026, la croissance du produit net bancaire de Attijariwafa bank ralentit par rapport à la moyenne observée sur la période 2023-2025, passant de +12,1% à +2,9%. À l’origine, la normalisation du résultat des activités de marché dans un contexte de Taux moins favorable.

En parallèle, le coût du risque poursuit sa baisse en 2026, reculant de -33% au premier trimestre, grâce à l’amélioration de la qualité des actifs. Il s’agit d’une amélioration du rythme de déclassement des créances combinée à la performance du recouvrement.

Malgré le recul du résultat des activités de marché (-9,9%) et la hausse plus que proportionnelle des frais de gestion par rapport au produit net bancaire (+6,6% contre +2,9%), le résultat net part du groupe maintient une trajectoire haussière au premier trimestre 2026, progressant de +3,6% à 2,9 milliards de dirhams.

Révision à la hausse du coefficient d'exploitation

Nous maintenons notre prévision initiale de croissance du produit net bancaire à +4,7% en 2026E. Celle-ci repose sur une progression des crédits de +8,0% et une baisse des activités de marché de -4,6%, contre une hausse anticipée de +2,2% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le produit net bancaire afficherait ainsi un taux de croissance annuel moyen de +6,6%.

Par ailleurs, nous relevons notre prévision du coefficient d’exploitation à 38,0% en 2026, contre 34,9% initialement, sous l’effet d’un effort d’investissement plus important que prévu dans les projets digitaux. À moyen terme, ce ratio devrait néanmoins être maîtrisé en dessous de 38,0%.

Enfin, nous révisons à la baisse notre prévision de croissance du résultat net part du groupe à +4,9% en 2026E, contre +6,2% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le taux de croissance annuel moyen des bénéfices ressortirait à +7,3%, porté par la dynamique des crédits au Maroc, la normalisation des activités de marché et la maîtrise du coût du risque autour de 66 points de base.

Banque Centrale Populaire : un rebond attendu dès 2027

La Banque Centrale Populaire (BCP) affiche un recule de son produit net bancaire de -17,6% au premier trimestre 2026, après une progression moyenne de +9,4% sur la période 2023-2025. À l’origine, la forte baisse du résultat des activités de marché de -72% dans un contexte de Taux moins favorable.

La qualité du portefeuille s’améliore grâce à l’assainissement des créances en souffrance. En 2025, le taux de contentieux passe de 10,0% à 9,3% et le coût du risque recule de -13,5%. Cette tendance se confirme au premier trimestre 2026.

Au premier trimestre 2026, le résultat net part du groupe ressort en baisse de -10,8%, sous l’effet négatif du résultat des activités de marché. La forte baisse du coût du risque (-94%) a toutefois permis d’atténuer le repli anticipé des activités de marché.

Nous révisons à la baisse la croissance du produit net bancaire en 2026, passant de +4,3% initialement à -3,9%. Sur la période 2027E-2028E, le taux de croissance annuel moyen du produit net bancaire ressortirait à +7,1%, soutenu par la dynamique des crédits et la normalisation des activités de marché.

Retour progressif du coût du risque vers ses niveaux pré-Covid

Nous relevons notre prévision du coefficient d’exploitation à 48,5% en 2026E, contre 43,4% initialement, sous l’effet du recul du produit net bancaire et de la hausse des charges, notamment liée à l’entrée en exploitation du nouveau siège à Casablanca Finance City (CFC) et aux investissements informatiques. À horizon 2028E, le coefficient d’exploitation se situerait autour de 46,0%, grâce à la reprise de la croissance du produit net bancaire.

Enfin, nous révisons à la baisse la croissance du résultat net part du groupe en 2026E à -1,8%, contre +5,9% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le taux de croissance annuel moyen du résultat net part du groupe ressortirait à +13,1%, porté par la reprise des crédits au Maroc, l’effet de rattrapage des activités de marché et le retour progressif du coût du risque vers ses niveaux pré-Covid autour de 120 points de base.

Bank of Africa : un effet de rattrapage du produit net bancaire

Au premier trimestre 2026, le produit net bancaire de Bank Of Africa (BOA) recule de -2,2%, pénalisé par la forte contraction du résultat des activités de marché de -93%. Par ailleurs, la hausse des charges de +5,4%, liée aux investissements relatifs à la transformation digitale et informatique, explique en grande partie la dégradation du coefficient d’exploitation, qui passe de 42,1% à 45,4% sur une année glissante.

Après une hausse de +3,5% en 2025, le coût du risque s’inscrit en baisse de -28% au premier trimestre 2026, à l’image de la tendance sectorielle.

Le résultat net part du groupe maintient une croissance positive de +8,9% au premier trimestre 2026, à 1,0 milliard de dirhams. À l’origine, l’amélioration du coût du risque, permettant de contrebalancer à la fois le recul du produit net bancaire et la dégradation du coefficient d’exploitation.

Une prévision du coefficient d’exploitation à 47,7%

Nous révisons à la baisse notre prévision de croissance du produit net bancaire en 2026E, passant de +4,5% initialement à +0,2%. En effet, la contraction des activités de marché de -34,8% serait compensée par la progression de la marge d’intérêt (+3,3%) et de la marge sur commissions (+5,0%). Sur la période 2026E-2028E, le produit net bancaire afficherait un taux de croissance annuel moyen de +4,8%.

Nous relevons également notre prévision du coefficient d’exploitation à 47,7% en 2026E, contre 43,7% initialement. À l’origine, une croissance des charges de +4,5%, liée en partie aux investissements dans la transformation digitale et informatique face à un produit net bancaire quasi stable. À horizon 2028E, ce ratio devrait se stabiliser autour des 47% ;

Enfin, le résultat net part du groupe progresserait légèrement de +1,0% en 2026E, grâce à la baisse de -16,5% du coût du risque. Sur la période 2026E-2028E, le résultat net part du groupe afficherait un taux de croissance annuel moyen de +6,0%, porté par l’effet de rattrapage du produit net bancaire et la stabilité du coût du risque autour de 103 points de base.

CIH Bank : un scénario de croissance confirmé pour 2026E-2028E

Au premier trimestre 2026, le produit net bancaire de CIH Bank recule de -2,4%, sous l’effet du repli des activités de marché (-65,4%). L’accélération des crédits de +23,9% soutient toutefois la dynamique de croissance de la marge d’intérêt (+19,2%) et de la marge sur commissions (+47,0%).

La hausse des frais de gestion de +8,9% au premier trimestre 2026 entraîne une dégradation du coefficient d’exploitation, qui atteint 47,0% contre 42,2% au premier trimestre 2025. En parallèle, le coût du risque s’améliore de -10,2%, avec un taux de coût du risque qui évolue de 117 à 85 points de base.

Le résultat net part du groupe recule de -17,5% à 246 millions de dirhams au premier trimestre 2026. L’amélioration du coût du risque n’a pas permis de compenser le double effet de la baisse de l’activité et de la hausse des charges.

Le produit net bancaire progresserait de +5,0%

Nous relevons notre prévision de croissance des crédits en 2026E de +9,0% à +15,5%. Le produit net bancaire progresserait ainsi de +5,0%, soutenu par la marge d’intérêt (+15,5%) et la marge sur commissions (+35,0%), qui compenseraient la baisse attendue des activités de marché (-26,5%). Sur la période 2026E-2028E, le produit net bancaire afficherait un taux de croissance annuel moyen de +12,9%.

Nous révisons à la baisse notre prévision du coût du risque à -7,2% en 2026E, contre une hausse de +7,0% initialement. Le taux de coût du risque ressortirait ainsi à 78 points de base en 2026E avant de se stabiliser à 80 points de base à horizon 2028E.

Enfin, nous maintenons notre prévision de croissance du résultat net part du groupe en 2026E à +6,7%, contre +6,4% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le résultat net part du groupe afficherait un taux de croissance annuel moyen de +16,8%, porté par la dynamique des crédits à l’équipement. Ce scénario repose sur les besoins de financement générés par les grands projets annoncés par le Royaume.

Crédit du Maroc : franchissement de la barre des 1,0 MMDH de bénéfices dès 2027E

Au premier trimestre 2026, le produit net bancaire de Crédit du Maroc (CDM) progresse de +4,2% malgré la forte contraction des activités de marché (-54,1%). À l’origine, une exposition historiquement plus limitée sur ce segment, soit un poids moyen de 10,9% contre 18,6% pour le secteur.

La hausse contenue des charges de +1,7% au premier trimestre 2026 témoigne de la discipline opérationnelle du management. Le coût du risque enregistre une reprise nette de +69 millions de dirhams au premier trimestre 2026, contre une dotation nette de -62 millions de dirhams au premier trimestre 2025. Un constat qui traduit la bonne performance du dispositif de recouvrement de la banque.

Le résultat net part du groupe progresse de +37,2% au premier trimestre 2026, principalement grâce à la maîtrise des charges et du coût du risque.

Révisons à la baisse du coefficient d’exploitation

Nous relevons notre prévision de croissance des crédits à +10,0% en 2026E, contre +9,0% initialement. Ainsi, le produit net bancaire progresserait de +4,9% malgré la baisse attendue des activités de marché de -31,7%. Sur la période 2026E-2028E, le produit net bancaire afficherait un taux de croissance annuel moyen de +9,9%, porté par la bonne dynamique de l’activité crédits.

Nous révisons à la baisse le coefficient d’exploitation à 45,9% en 2026, contre 46,3% initialement. À horizon 2028E, ce ratio poursuivrait son amélioration à 42,1%, bénéficiant de la trajectoire haussière du produit net bancaire et de la discipline opérationnelle de la banque.

Enfin, nous révisons à la baisse le coût du risque en 2026E, à -4,1%, contre une hausse de +7,9% initialement. Le taux de coût du risque ressortirait à 50 points de base avant de se normaliser progressivement à 70 points de base à horizon 2028E. Le résultat net part du groupe progresserait de +6,6% en 2026E, contre +7,9% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le taux de croissance annuel moyen des bénéfices ressortirait à +10,0%.

BMCI : Vers un retour à une capacité bénéficiaire de 500 MDH en 2026E

Au premier trimestre 2026, le produit net bancaire de BMCI recule de -2,3%, pénalisé par la contre-performance du résultat des activités de marché de -29,1%, dans un contexte de remontée des taux d’intérêt au Maroc.

L’évolution contenue des frais de gestion, avec une hausse de +1,0% en 2025 puis une baisse de -1,7% au premier trimestre 2026, permet de stabiliser le coefficient d’exploitation autour de 61,5% (+0,4 point). Le coût du risque affiche une baisse significative de -67,5% grâce à la nouvelle dynamique du dispositif de recouvrement et à l’amélioration de la qualité de la production de crédits.

Le résultat net part du groupe progresse de +50,0% au premier trimestre 2026, grâce à la discipline opérationnelle et à la forte détente du coût du risque.

Révision du scénario de croissance en 2026E

Nous révisons à la baisse notre prévision de croissance du produit net bancaire en 2026E à -3,5%, contre une hausse de +2,9% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le produit net bancaire afficherait un taux de croissance annuel moyen de +3,6%, porté par la reprise progressive de l’ensemble des lignes métier.

Nous révisons également à la baisse l’évolution des frais de gestion en 2026E à -1,5%, permettant de limiter la dégradation du coefficient d’exploitation, qui se stabiliserait en dessous de 59%.

Enfin, la révision à la baisse de notre prévision du taux de coût du risque à 100 points de base en 2026E, contre 122 points de base initialement, porterait la croissance du résultat net part du groupe à +20,6% en 2026E, contre +10,3% initialement. Dans ces conditions, la banque pourrait revenir à une capacité bénéficiaire de 500 millions de dirhams à compter de 2026E.

CFG BANK : Légère révision à la hausse de notre scénario de croissance sur 2026E-2028E

Au premier trimestre 2026, la croissance du produit net bancaire de CFG Bank ralentit à +2,3%, sous l’effet du recul attendu des activités de marché de -53,2%. La marge d’intérêt poursuit toutefois sa progression à un rythme soutenu (+33,6%), portée principalement par la dynamique des crédits, qui affichent une hausse de +19,5%.

Les frais de gestion reculent de -0,8% au premier trimestre 2026, à un rythme inférieur à celui du produit net bancaire. Le coefficient d’exploitation affiche ainsi une légère amélioration de -1,3 point à 42,6%, témoignant de la discipline opérationnelle au sein de la banque. Au final, le résultat brut d’exploitation progresse de +4,7% au premier trimestre 2026.

Un produit net bancaire en hausse de +14,1% en 2026E

Nous relevons légèrement notre prévision de croissance du produit net bancaire en 2026E à +14,1%, contre +13,6% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le produit net bancaire afficherait un taux de croissance annuel moyen de +15,7%, porté par la soutenabilité de la dynamique commerciale.

Nous révisons à la baisse le coefficient d’exploitation en 2026E à 47,0%, contre 51,6% initialement. À horizon 2028E, ce ratio devrait s’améliorer à 42,9%, bénéficiant des effets d’échelle. Le taux de coût du risque se normaliserait progressivement, passant de 23 points de base en 2026E à 32 points de base en 2028E. Ce niveau demeure relativement bas par rapport à la moyenne sectorielle de 111 points de base en 2025, en raison du positionnement de la banque sur des segments moins risqués.

Le résultat net part du groupe progresserait de +17,5% en 2026E, contre +15,8% initialement. Sur la période 2026E-2028E, le résultat net part du groupe afficherait un taux de croissance annuel moyen de +17,1%, pour atteindre près de 600 millions de dirhams dès 2028E.

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